J’ai le plaisir de présenter un très bel article dans le magazine IAM. Ce dernier est une revue de qualité spécialisée dans l’art de parution trimestrielle. J’ai été interviewé par le rédacteur en chef Dominique Lecat, qui a tout à fait embrassé les enjeux de la pratique que je développe. A quelques années d’écart, le hasard a voulu que nous passions par la même école d’ingénieur, il y a aussi des heureuses rencontres.

Retranscription de l’article___
Parmi les artistes présents à la 13ème Biennale d’Art contemporain de Strassen (Luxembourg), Lancelot Blondeel a retenu notre attention par son parcours singulier et une écriture plastique très affirmée. En clin d’oeil, il ne faut pas le confondre avec son illustre homonyme de Bruges de la Renaissance flamande au 16ème siècle : le Lancelot Blondeel d’aujourd’hui appartient pleinement à notre temps.
Né en 1988, ingénieur de formation, diplômé de l’Ecole Centrale d’Electronique de Paris, il a ensuite nourri son cheminement par une approche de l’histoire de l’art à l’École du Louvre. Cette double culture, à la fois technique et sensible, éclaire fortement son travail.
Chez lui, la peinture ne semble pas naître d’un simple élan décoratif, mais d’une recherche construite. L’artiste avance par expérimentations, essais, protocoles, matières, transparences, pigments, grattages, empreintes. Son atelier devient alors un laboratoire du visible. Mais
ce laboratoire n’assèche jamais l’émotion : il la canalise, la concentre, la fait apparaître dans le mouvement même de la matière.
Son œuvre s’inscrit dans une abstraction gestuelle où la toile garde la mémoire du geste. Elle ne raconte pas le monde par la figure, mais par les forces invisibles qui le traversent : vibration, déplacement, lumière, trace, énergie.
Peinture, calligraphie, art numérique : les domaines dans lesquels il est référencé disent bien cette volonté de ne pas enfermer la création dans une seule pratique. Lancelot Blondeel travaille aux frontières du signe, de la surface et de la perception.
À Strassen, son œuvre bleue frappe par sa profondeur. Elle semble ouvrir un espace liquide, presque cosmique, au cœur duquel une forme claire, froissée, flottante, surgit comme une apparition. Rien n’y est narratif au sens classique du terme, et pourtant quelque chose advient.
La peinture devient un lieu de passage : entre matière et lumière, entre hasard et maîtrise, entre le visible et ce qui cherche encore à se révéler.
Son parcours d’expositions confirme une présence artistique en construction solide : expositions personnelles à Paris, présentations à Vincennes et Fontenay-sous-Bois, participation à plusieurs salons et expositions collectives, dont le Salon des Artistes du Val-de-Marne, le Salon d’Automne, le Salon des Arts de Sèvres, ainsi que des rendez-vous à Londres, Paris et dans le Marais.
Son travail a également fait l’objet d’une acquisition publique par l’Artothèque Paris Est Marne & Bois, et circule déjà dans des collections privées en France, aux États-Unis, au Luxembourg et en Italie.
Dans le contexte de la Biennale de Strassen et du thème 175, Lancelot Blondeel apporte une réponse différente de celle des artistes travaillant la figure ou l’histoire. Il ne cherche pas à illustrer le nombre, mais à en faire ressentir les forces sous-jacentes : le passage du temps, les flux, les ruptures, les recompositions, les métamorphoses.
Là où certains artistes font surgir des personnages, des dates ou des mémoires humaines, lui interroge la transformation même du réel par la matière, le geste et la lumière.
C’est sans doute là que réside l’intérêt de son travail : dans cette capacité à unir rigueur et liberté, méthode et intuition, science du processus et abandon au surgissement pictural. Lancelot Blondeel peint moins ce que l’on voit que ce qui travaille silencieusement le visible. Sa peinture ne ferme pas le regard ; elle l’ouvre.
Dominique Lecat
Rédacteur en chef IAM magazine