Peindre sur support transparent, série « Luminotype »

J’ai le plaisir de présenter la série « Luminotype » réalisée en juin 2025. Cette série bénéficie d’une spécificité bien particulière. Dans les paragraphes qui suivent, je développe plus amplement le choix d’un support à peindre transparent.

Luminotype I - acrylic, PVC, paper - 2025 - 80x60 cm - © Adagp

Luminotype I – acrylique, PVC, papier – 2025 – 80×60 cm – © Adagp

La particularité de la série « Luminotype » réside dans le choix du support à peindre. Traditionnellement, on peint sur des toiles de coton ou de lin, sur du papier ou encore sur du bois. J’ai eu l’occasion d’expérimenter avec l’ensemble de ces matériaux et d’en apprécier leurs qualités respectives.

Tissus & papier____

Les tissus, par exemple, révèlent dans la toile finale la trame de tissage. La toile possède un grain qui confère à la peinture une présence physique et tactile très agréable. On a envie de toucher le support. Aussi un détail qui n’en est pas un, une trame très fine s’efface dans le rendu final alors que qu’une trame plus grossière sera probablement perçue par le spectateur.

Le papier, quant à lui, de par la grande diversité de ses modes de fabrication et de matière première possède également une grande variété de textures et de grains. Le support papier invite lui aussi au toucher ou à l’interaction avec sa surface. Il existe une infinité de papiers des plus artisanaux jusqu’à la ramette de papier industrielle de 90g/m² que tout le monde connaît.

Cependant avec mon usage, un point commun réunit tous ces supports : leur relative opacité. Cette caractéristique se retrouve plus particulièrement dans les tons sombres. Apparaît comme un phénomène qui “ferme” la surface, qui la rend plus dense, plus dure. C’est précisément cette opacité qui m’a conduit à explorer d’autres voies.

Un subjectile plus dynamique___

Donc la réflexion logique, c’est comment trouver un support qui est plus versatile ? Mon attention s’est portée sur un subjectile plus dynamique, capable d’interagir différemment avec la lumière et la couleur. Naturellement, cette réflexion s’est orientée vers les matériaux transparents, et en particulier vers de la toile transparente. Celle-ci représente l’avantage de pouvoir être tendue sur un châssis, comme une toile traditionnelle. La peinture finale conserve une présence en volume que je trouve intéressante et même presque nécessaire.

Le premier constat évident est qu’on est sur une surface brillante, c’est certes un enfer à prendre en photo mais on y trouve de nouveaux avantages : en particulier avec la manière dont la lumière circule à travers la surface : elle la traverse, s’y réfléchit, s’y diffuse. L’association avec la peinture acrylique, qui possède elle aussi des propriétés de translucidité, crée des vibrations colorées d’une grande richesse, notamment avec le pigments bleu outremer.

Dans la série « Luminotype », je travaille en mono-ton, c’est-à-dire en partant d’une couleur donnée : ici le bleu outremer. Je commence par cette couleur dans sa plus forte concentration puis je travaille autour de ce ton produisant ainsi un dégradé partiel, une gamme de nuances qui s’étend autour de la teinte choisie.

En tout cas, en montrant le résultat à des confrères, le rendu a été bien apprécié.

En guise de conclusion et pour élargir un peu le sujet, j’ai l’impression que cette technique ouvre pas mal de portes. J’ai d’ailleurs plein d’idées pour la suite. À suivre donc…

En vidéo___

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